Théorie analytique du droit


La théorie analytique du droit recherche la clarification linguistique et logique des concepts juridiques. Elle tire ses principales sources de la philosophie analytique moderne, notamment de la philosophie du langage. La théorie analytique du droit développe un concept de droit autour de la recherche intuitive et de nature philosophique de ce que peuvent être les fonctions du droit et de la façon dont les agents, les juges en particulier ou les « officiels » « parlent » du droit. Les thèmes majeurs de la théorie analytique, les relations du droit et de la morale, des normes, des faits et des valeurs, des rapports du droit et du pouvoir, se retrouvent dans la recherche toujours plus affinée d’un « concept de droit ».


Le programme se développera sur les axes suivants 

Le concept de droit dans le cadre de la globalisation du droit et d’une pratique transnationale du droit. Cela consiste à réfléchir aux moyens de dépasser le fossé que l’on peut penser être devenu trop grand entre la pratique transnationale du droit et la théorie du droit « stato-centrée ». La mondialisation du droit pourrait d’abord attirer notre attention sur la construction même de la théorie analytique du droit. Alors qu’elle se présente elle-même comme une théorie générale du droit (« general jurisprudence »), on peut se demander comment comprendre cette expression et ce programme : général veut-il dire universel, ou applicable aux systèmes « matures », ou simplement applicable à plus d’un système juridique étatique, ou abstrait, ou s’appliquant à un modèle culturel déterminé ? Selon la portée que le concept de droit pourrait ainsi posséder du point de vue même de ceux qui l’ont construit, la forme de la critique du concept de droit pourrait prendre un accent différent.
Cet axe de recherche pourra s’appuyer sur les travaux menés lors du contrat quadriennal en cours. Les quatrièmes rencontres de théorie du droit d’Aix, organisées par le Laboratoire les 8 et 9 octobre 2010 ont été consacrées à ce thème et elles permettent d’avancer dans la façon de poser les questions et de dégager les pistes de recherches qui seront explorées plus complètement dans les années à venir.


Le débat méthodologique en théorie du droit

Ce débat méthodologique connaît une dimension classique avec le débat Hart/Dworkin qui a occupé une grande place sur la possibilité de séparer l’approche descriptive et normative du droit. Il convient de dépasser le cadre des propositions dworkiniennes qui ont le mérite de construire une proposition normative (le droit comme interprétation) en dehors de toute approche « réaliste » des valeurs et de la morale. Une attention  à la philosophie du langage et des normes de Wittgenstein permet de déplacer et de renouveler ce débat.
Il connaît aussi une autre dimension avec des propositions en faveur d’une méthodologie empirique reposant sur la construction de propositions destinées à pouvoir être confrontées aux faits et privilégiant une méthode purement descriptive empirique au sens le plus fort avec des hypothèses de nature scientifique.

Le Laboratoire a le projet de développer ce programme dans le contexte d’une coopération internationale en s’appuyant sur les contacts déjà existants, développés lors des précédents contrats quadriennaux, c’est-à-dire les contacts avec le Département de culture juridique Giovanni Tarello de l’Université de Gênes, le Centre Perelman de Philosophie du droit de l’ULB, le Centre de théorie et analyse du droit de l’Université Paris Ouest Nanterre La Défense, le Centre de philosophie juridique et politique de l’Université de Cergy Pontoise. Ce programme dans le domaine de la théorie analytique du droit devra permettre d’engager de nouvelles coopérations européennes et internationales.